Lisez CQFD !
Par Juba le mercredi 21 juillet 2004, 11:47 - Humeur, politique - Lien permanent
CQFD, alias Ce qu'il faut détruire, est un journal produit à Marseille par un groupe de chômeurs et de RMIstes. Diffusé auparavant sous le nom de RIRe dans un cadre assez restreint, il a décidé de tenter l'aventure de la diffusion en kiosque malgré ses ressources très limitées.
Niveau contenu, on peut dire que c'est une sorte de Charlie Hebdo qui n'aurait pas eu Philippe Val comme directeur et où les articles seraient écrits par Charb et Cyran (ce dernier faisant désormais partie de l'équipe de CQFD). Bref, ça évite de s'endormir sur son petit confort quotidien.
Le journal rencontre actuellement des difficultés financières du fait du coût de la diffusion en kiosque mais aussi d'un procès que lui intente le directeur de la Croix-Rouge suite à un article.
Pour plus d'infos, lire une sélection d'articles et, pourquoi pas, s'abonner, l'idéal est de visiter leur site :
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La Croix-Rouge veut la peau d’un journal de chômeurs
Réalisé à Marseille par une équipe de chômeurs et de précaires, le mensuel politique et satirique CQFD s'est attiré les foudres vengeresses de la Croix-Rouge française. Offensée par un article intitulé « Une Croix-Rouge sous un képi bleu », mettant en cause son rôle d’« accompagnatrice » auprès des sans-papiers expulsés de France par vols groupés, l’institution humanitaire a porté plainte pour diffamation contre CQFD. Elle nous réclame 65 000 euros de dommages et intérêts, dont 30 000 euros au seul bénéfice de son président, Marc Gentilini.
Ce tarif témoigne d'une confiance flatteuse dans notre trésorerie. Hélas, la Croix-Rouge a les yeux plus grands que notre ventre. Diffusé en kiosque à moins de 10 000 exemplaires, fabriqué à l’huile de coude, sans capitaux ni subventions, sans salariés ni publicité, disposant de recettes qui lui permettent tout juste de régler l'imprimerie, le loyer du local et l'apéro de bouclage, CQFD est sincèrement navré : il ne possède pas le dixième de la somme réclamée. La démarche de Marc Gentilini s’apparente donc à une tentative fort peu humanitaire de nous jeter à la rue.
Cet acharnement nous paraît d’autant plus surprenant que CQFD a publié en bonne et due forme le droit de réponse que Marc Gentilini lui avait adressé. Proche de l’UMP, médaillé de la légion d’honneur et membre du Conseil économique et social, le puissant président de la Croix-Rouge française serait-il à ce point aux abois qu’il lui faille éliminer toute voix discordante ? À moins que son souhait de nous amputer la langue n’obéisse à un impératif humanitaire. C’est ce que semble suggérer un courrier signé de son chef de cabinet, Frank Delaval, dont le contenu a été reproduit dans notre numéro de septembre. Dans ce texte extravagant, le bras droit de Marc Gentilini qualifie de « voyous » notre équipe de bénévoles et constate : « CQFD n'est pas un journal de chômeurs, mais un produit exploitant l'inquiétude de personnes en difficulté ». Ces dernières seront honorées d’apprendre que c’est en leur nom et pour leur bien que la Croix-Rouge française s’emploie à liquider un canard de chômeurs, pardon, de « voyous ». Une précision, quand même : nous acceptons aussi les chèques des lecteurs pas inquiets et pas en difficulté. Audience le 16 novembre à la 17ème chambre du TGI de Paris.
Contact « CQFD » : 04 91 90 25 04 ou info@cequilfautdetruire.org